La pêche en eau douce en Belgique est une activité de loisir très prisée, offrant aux amateurs l’occasion de se ressourcer le long des magnifiques rivières, lacs et canaux du pays. Que vous soyez un pêcheur débutant ou expérimenté, le territoire belge propose une grande variété de milieux aquatiques, allant des ruisseaux à truites des Ardennes wallonnes aux vastes polders de Flandre.
Cependant, la préservation des écosystèmes et de la biodiversité aquatique nécessite une gestion rigoureuse des ressources halieutiques. C’est pourquoi la pêche en eau douce est strictement encadrée par différentes législations (notamment en Wallonie et en Flandre) qui dictent les périodes d’ouverture, les méthodes autorisées et les permis obligatoires.
Pourquoi une réglementation de la pêche ?

La mise en place d’une réglementation stricte pour la pêche en eau douce en Belgique répond à plusieurs objectifs cruciaux pour l’environnement. Principalement, elle vise à protéger la biodiversité aquatique et à assurer la pérennité des populations de poissons face aux pressions environnementales et humaines. En encadrant les pratiques, les autorités régionales garantissent également une gestion durable des ressources halieutiques et préservent la qualité des écosystèmes fluviaux et lacustres.
La police de la pêche
Le contrôle et l’application des lois relatives à la pêche sont assurés par des organismes régionaux assermentés. En Wallonie, le Département de la Nature et des Forêts (DNF) déploie ses agents de terrain pour vérifier le respect des législations environnementales. En Flandre, cette mission de surveillance incombe aux inspecteurs de l’Agence pour la Nature et les Forêts (Agentschap voor Natuur en Bos ou ANB).
Leurs missions principales incluent :
- La vérification systématique de la possession d’un permis de pêche valide lors des contrôles.
- Le contrôle rigoureux des prises, incluant le respect des tailles minimales et des quotas journaliers de capture.
- La surveillance des zones d’interdiction (écluses, échelles à poissons) et du respect des périodes de fermeture.
Qui peut pêcher ?
Toute personne désirant pratiquer la pêche dans les eaux publiques belges doit obligatoirement être munie d’un permis de pêche (ou licence) valide. Bien que certaines exemptions très spécifiques existent parfois pour les enfants accompagnés d’un adulte en règle, le droit de pêche est fondamentalement conditionné à l’achat de ce document officiel.
Les permis diffèrent selon la région et le type de pêche envisagé. Voici une comparaison des principaux permis nécessaires en Belgique :
| Région | Type de Permis | Description des droits accordés |
|---|---|---|
| Wallonie | Permis A | Autorise la pêche à une ou deux lignes à main, pratiquée uniquement depuis le bord de l’eau . |
| Wallonie | Permis B | Autorise la pêche à une ou deux lignes à main depuis le bord, mais également depuis une barque, un plancher ou en rentrant dans l’eau . |
| Flandre | Visverlof (ordinaire) | Permis de base permettant la pêche de jour depuis la rive avec un maximum de deux lignes . |
| Flandre | Groot visverlof | Permis étendu autorisant la pêche depuis une embarcation, la pêche de nuit et l’utilisation de certaines autres méthodes . |
Où pêcher ?
En Belgique, il est possible de pêcher dans une grande variété de plans d’eau, répartis entre les voies hydrauliques navigables comme les grands canaux ou la Meuse, et les cours d’eau non navigables. La Flandre est particulièrement réputée pour ses vastes réseaux de polders et d’étangs, tandis que la Wallonie offre de magnifiques rivières à courant rapide telles que l’Ourthe ou la Semois. Il est important de noter que pour pêcher dans des étangs privés ou sur certains tronçons gérés par des sociétés locales, une carte de membre supplémentaire ou l’accord préalable du propriétaire est souvent indispensable.
Les règles nationales s’adaptent aux spécificités locales
Étant donné que la Belgique est un État fédéral, la législation environnementale et halieutique n’est pas gérée au niveau national, mais constitue une compétence exclusivement régionale. Les directives générales s’adaptent ainsi aux réalités de chaque territoire : par exemple, la Flandre impose le « catch and release » (remise à l’eau obligatoire) de manière quasi généralisée pour protéger ses stocks de poissons. En Wallonie, la réglementation divise le territoire en différentes zones (eaux calmes et eaux vives) avec des règles d’ouverture et de gestion piscicole spécifiques à chaque écosystème.
Les principales règles de pêche en eau douce

La pratique de la pêche de loisir dans les eaux douces belges est encadrée par un socle commun de principes visant à garantir la durabilité de la ressource et le respect du bien-être animal. Ces règles régissent le matériel autorisé, les comportements au bord de l’eau et les périodes pendant lesquelles la faune peut être prélevée ou manipulée. Dans les points qui suivent, nous détaillerons les restrictions précises appliquées par les autorités pour préserver la qualité des milieux aquatiques.
Nombre de cannes et autres engins
Le nombre de cannes à pêche autorisées dépend directement du type de permis régional en votre possession. Que ce soit en Flandre avec le permis de base ou en Wallonie avec les permis A et B, la législation limite généralement la pratique à un maximum de deux lignes à main par pêcheur. L’utilisation de tout autre équipement non spécifié par votre licence de pêche de loisir est considérée comme une infraction.
Restriction des modes, procédés et techniques
Afin de protéger le bien-être animal et l’équilibre des écosystèmes, les régions belges encadrent sévèrement les techniques de pêche employées. L’utilisation de poissons-appâts vivants pour la pêche au carnassier est une pratique désormais interdite ou extrêmement restreinte sur l’ensemble du territoire. De plus, la région flamande impose une politique stricte de « catch and release » (remise à l’eau), exigeant que tout poisson capturé soit libéré immédiatement, avec prudence et sans dommage, dans son eau de provenance.
Nombre de captures autorisées
Le prélèvement des poissons est soumis à des quotas journaliers stricts dans les zones où la conservation des prises reste tolérée. En Flandre, la remise à l’eau obligatoire étant la norme, le quota de prélèvement est généralement nul pour les pêcheurs sportifs. En Wallonie, lorsque la conservation est permise, des limites précises s’appliquent pour éviter la surpêche des espèces populaires.
| Espèce ciblée | Quota journalier de capture |
|---|---|
| Brochet | 2 à 3 spécimens par jour et par pêcheur |
| Sandre | 2 à 3 spécimens par jour et par pêcheur |
Périodes de pêche
En Belgique, la pratique de la pêche n’est pas autorisée de manière uniforme tout au long de l’année. Des périodes de fermeture saisonnières sont strictement imposées par les régions afin de respecter le cycle naturel et la reproduction des poissons (la période de fraie). Ces calendriers d’ouverture et de fermeture varient non seulement entre la Wallonie et la Flandre, mais également en fonction de la classification des cours d’eau (eaux calmes, eaux mixtes ou eaux vives) et des espèces ciblées. Il est de la responsabilité du pêcheur de consulter le calendrier officiel de sa région avant toute sortie.
Tailles légales de capture
Afin de s’assurer que les poissons aient l’opportunité de se reproduire au moins une fois avant d’être prélevés, les législations régionales fixent des tailles minimales de capture.
- Règle générale : Tout poisson capturé dont la taille est inférieure à la limite légale doit être décroché avec précaution et remis à l’eau immédiatement.
- Application régionale : Bien que la Flandre impose désormais un principe quasi général de « catch and release » (remise à l’eau de toutes les prises) pour les pêcheurs de loisir, la Wallonie maintient des « mailles » (tailles minimales) spécifiques pour la conservation de certaines espèces comme le brochet, le sandre ou la truite.
Horaires de pêche
La pêche en eau douce est traditionnellement et légalement considérée comme une activité diurne. Les horaires autorisés s’étendent généralement d’une demi-heure avant l’heure officielle du lever du soleil jusqu’à une demi-heure après son coucher. La pêche de nuit fait l’objet de dérogations très strictes :
- En Flandre : Pour pêcher la nuit, il est obligatoire de posséder le permis supérieur, appelé Groot visverlof.
- En Wallonie : La pêche nocturne n’est autorisée que dans des zones spécifiques définies par arrêtés, et elle est le plus souvent exclusivement réservée à la pêche à la carpe, avec l’obligation de relâcher le poisson.
Interdictions permanentes et réserves de pêche
Afin de protéger la faune aquatique, en particulier lors de ses déplacements, certaines zones sont frappées d’une interdiction permanente de pêche. Il est par exemple strictement interdit de pêcher à l’intérieur des écluses, ainsi que dans les passes à poissons et les rivières artificielles de contournement destinées à faciliter le passage des migrateurs autour des obstacles. Bien que la Wallonie ait récemment supprimé l’interdiction de pêcher dans les 25 mètres en amont des barrages et déversoirs pour améliorer l’accès aux pêcheurs, le respect des réserves naturelles et des zones de frayères balisées reste une obligation absolue.
Procédés et modes de pêche prohibés
L’éthique halieutique et la protection des espèces impliquent l’interdiction de techniques jugées néfastes. L’utilisation de poissons-appâts vivants (la pêche au vif) est aujourd’hui strictement interdite ou très fortement restreinte sur le territoire belge. En outre, toute méthode visant à capturer le poisson en l’accrochant intentionnellement par une autre partie du corps que la bouche (le harponnage ou l’épuisage direct) est considérée comme une infraction grave au bien-être animal et à la législation environnementale.
Réglementation spécifique aux pêcheurs amateurs aux engins et filets

Contrairement à la France, la Belgique restreint de manière draconienne, voire interdit totalement, l’utilisation de filets et d’engins lourds pour la pêche récréative. La pêche de loisir belge se concentre presque exclusivement sur la pêche à la ligne.
- Une restriction claire : Les permis de pêche de base (Permis A et B wallons, Visverlof flamand) n’autorisent l’usage d’aucun filet de capture. Seule l’épuisette est tolérée, et ce, uniquement pour sortir de l’eau un poisson préalablement ferré à la ligne.
- Le cadre légal : La pose de nasses, de trémails, d’éperviers ou de lignes de fond est exclue du cadre de la pêche amatrice classique. L’utilisation d’engins spécifiques relève du braconnage si elle n’est pas couverte par des autorisations exceptionnelles (gestion piscicole officielle, pêche scientifique ou droits privés très spécifiques gérés par le DNF ou l’ANB) [Pattern recognition of Belgian law].
Engins autorisés
Il est important de souligner que la structure réglementaire belge diffère fortement de celle de ses pays voisins (comme la France) concernant la pêche aux engins. En Belgique, la notion de « pêche amateur aux engins » n’est pas reconnue pour le grand public afin de protéger au maximum les populations de poissons.
- Pour le pêcheur de loisir : L’usage de nasses, verveux, éperviers, lignes de fond ou tout type de filet de capture est formellement interdit par les lois régionales. Le seul « engin » autorisé sur les berges est l’épuisette, et son utilisation est strictement limitée à la récupération hors de l’eau d’un poisson qui a déjà été attrapé à la ligne.
- Pour les professionnels : Seuls les agents régionaux (comme le DNF en Wallonie ou l’ANB en Flandre), les gestionnaires de bassins et les chercheurs disposant de dérogations scientifiques officielles ont le droit d’utiliser des engins spécifiques pour le suivi et la gestion des écosystèmes.
Obligation de relève
Étant donné que l’utilisation de nasses et de filets est exclusivement réservée aux missions scientifiques ou de gestion piscicole, les professionnels qui les déploient sont soumis à des protocoles extrêmement stricts, dont l’obligation de relève.
Le principe de précaution et de bien-être animal : Les opérateurs autorisés à placer des engins de capture doivent obligatoirement les relever à des intervalles réguliers et rapprochés (le plus souvent toutes les 24 heures au maximum).
Cette obligation légale permet de garantir la survie des poissons piégés, d’éviter leur épuisement, et de s’assurer que les prises accidentelles (notamment les espèces protégées ou les oiseaux plongeurs) soient relâchées vivantes et sans dommage.
Disposition des engins et filets
Dans les rares cas où des opérations de comptage ou de gestion nécessitent l’installation temporaire de filets dans les cours d’eau publics belges, leur placement ne se fait pas au hasard. Leur disposition est encadrée pour ne pas perturber l’écosystème global.
| Règle de disposition | Objectif principal |
|---|---|
| Interdiction d’obstruction totale | Les engins ne peuvent en aucun cas barrer la largeur complète d’une rivière ou d’un canal. Une portion significative du cours d’eau (souvent au moins un tiers ou la moitié) doit rester totalement libre. |
| Garantie de la continuité écologique | Il est primordial de laisser un couloir de nage pour que les poissons migrateurs puissent poursuivre leur route vers leurs zones de reproduction. |
| Respect de la navigabilité | La pose des filets doit être signalisée de manière visible et ne doit pas entraver le trafic fluvial sur les voies navigables. |
Espèces exotiques envahissantes = remise à l’eau interdite
La préservation des écosystèmes locaux passe également par la lutte contre la prolifération des espèces exotiques envahissantes (EEE). Ces espèces, introduites artificiellement dans les cours d’eau belges, entrent en concurrence directe avec la faune indigène et menacent gravement la biodiversité locale.
Pour ces raisons, la législation (aussi bien en Flandre qu’en Wallonie) impose une règle dérogatoire stricte, même en cas de pratique du catch and release : tout individu appartenant à une espèce reconnue comme invasive ne peut en aucun cas être remis à l’eau. Parmi ces espèces, on retrouve fréquemment les écrevisses américaines, le gobie, ou encore certaines espèces de tortues aquatiques relâchées illégalement. Ces animaux doivent être retirés du milieu naturel de manière éthique.
Règles relatives aux poissons migrateurs
Les poissons migrateurs (tels que le saumon atlantique, l’anguille européenne ou la truite de mer) sont des espèces extrêmement vulnérables dont les populations ont dramatiquement chuté en Europe au cours des dernières décennies. Ils accomplissent des cycles de vie complexes entre la mer et les rivières, ce qui les rend très sensibles aux barrages et à la pollution.
Face à ce constat, les autorités belges ont mis en place une protection absolue. En Wallonie comme en Flandre, il est totalement interdit de cibler, de blesser ou de conserver ces espèces migratrices. Si un pêcheur capture accidentellement un saumon ou une anguille, l’animal doit être immédiatement décroché avec la plus grande précaution (si possible dans l’eau) et relâché sur-le-champ pour poursuivre sa migration.
Quelques règles à connaitre
Pour que la pêche reste un loisir agréable pour tous et respectueux de la nature, quelques principes de savoir-vivre et de bons sens légal s’ajoutent aux règles principales :
- Le respect des autres usagers : Les berges sont des espaces partagés. Le pêcheur doit veiller à ne pas entraver le passage sur les chemins de halage et à ne pas gêner la navigation (péniches, kayaks).
- Propreté absolue : Il est strictement interdit d’abandonner des déchets, des restes d’appâts ou surtout du fil de pêche (qui constitue un piège mortel pour les oiseaux) sur le lieu de pêche.
- Règles de stationnement : Les véhicules motorisés ne sont pas autorisés sur les chemins de halage ou au bord de l’eau, sauf s’ils possèdent une dérogation très spécifique. Le stationnement doit se faire sur la voie publique ou les parkings aménagés.
Conclusion
En Belgique, la pêche est une activité de loisir très populaire, mais strictement réglementée. Que vous pêchiez en Flandre ou en Wallonie, la possession d’un permis est une condition obligatoire. De plus, les législations régionales accordent une importance primordiale à la protection de la biodiversité : interdiction de l’utilisation d’appâts vivants, remise à l’eau obligatoire (catch & release) de la plupart des espèces, et contrôle strict des espèces envahissantes. Le respect de ces règles vous garantit non seulement d’éviter les amendes des inspections locales, mais permet également de préserver les ressources naturelles pour les futures générations de pêcheurs.
FAQ
- Est-il obligatoire d’avoir un permis pour pêcher en Belgique ?
Oui, un permis régional valide (Visverlof en Flandre, Permis A ou B en Wallonie) est strictement obligatoire pour pêcher dans les eaux publiques belges. - Puis-je garder tous les poissons que je pêche ?
Non. En Flandre, la remise à l’eau (catch and release) est quasi obligatoire pour les pêcheurs sportifs. En Wallonie, bien que certaines espèces puissent être conservées, vous devez respecter des quotas stricts et des tailles minimales de capture. - Ai-je le droit d’utiliser des filets de pêche ou des nasses ?
Non. En tant que pêcheur de loisir, l’utilisation de tout engin autre que la ligne à main et l’épuisette (pour sortir le poisson de l’eau) est formellement interdite en Belgique. - Que dois-je faire si je pêche un saumon ou une anguille ?
Ces poissons sont des espèces migratrices protégées. Si vous en capturez un accidentellement, vous avez l’obligation absolue de le décrocher avec précaution et de le remettre à l’eau immédiatement. - Puis-je pêcher la nuit en Wallonie ou en Flandre ?
La pêche de nuit est interdite par défaut. En Flandre, elle nécessite un permis supérieur (Groot visverlof). En Wallonie, elle n’est autorisée que sur certaines zones précises, principalement pour la pêche à la carpe avec remise à l’eau obligatoire.